42- Cambodge

« Rédigé par Sonia »

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Bonjour : Tchoumm riép sour

 Dollards/Riels khmers

Ce qui étonne en passant la frontière ce sont les casinos, des lumières partout dès la frontière passée. Pourtant les  Cambodgiens n’ont pas le droit de parier dans les casinos.

Le nombre de casinos au Cambodge a augmenté de 53% au cours de l’année 2018. Le royaume compte désormais 150 casinos enregistrés auprès des autorités, contre 98 à la fin de l’année 2017.

L’afflux de joueurs chinois a été pointé comme un facteur négatif notamment et l’apparition de rixes entre joueurs et à l’augmentation de la criminalité dans la ville de Sihanoukville par exemple. Les prix de l’immobilier ont en outre explosé et celle-ci se vide des ses habitants khmers.

  • Arrivée à Pnomh Penh

Nous avons pris un bus depuis Mui-Né jusqu’à  Saigon puis nous changeons de bus après quelques heures à se balader dans la ville direct pour Phnom Penh.

Le gars du bus s’occupe de tout avant la frontière, il récupère nos passeport et les dollars pour le visa d’entrée. Sauf que le visa est normalement à 30 $ et que lui nous réclame 35$ par tête…Bakchich pour lui et la douane pour service rendu ??

Nous arrivons tard à Phnom Penh, marchandons peu pour le tuk-tuk et direction l’hôtel. l’hôtel est propre mais fini les serviettes dans la salle de bain et la bouilloire.

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On s’étonne de pouvoir retirer de l’argent aux ATM soit en dollars, soit en Riels Khmers la monnaie locale, d’ailleurs les tarifs pratiqués au Cambodge ne sont pas les mêmes que chez les voisins Thaïlandais ou Vietnamiens et on a l’impression que l’on nous prend pour des américains.

Nous ne visiterons pas la prison S21, le musée de la guerre, les horreurs du musée de la guerre à Ho Chi Minh nous ont suffit.

De plus la chaleur et la saleté des rues et des marchés ne nous donnent pas envie de manger dans la rue comme d’habitude.

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Nous n’allons pas traîner dans le sud du pays, la plage nous y étions au Vietnam, même si certaines îles sont vendues comme idylliques, nous sommes venus visiter l’Asie et pas venus faire du tourisme balnéaire et ne ferons donc pas le grand classique Kampot et son poivre ou le marché au crabe de Kep.

 

Difficile de sortir des sentier battus ici, les lignes de bus sont chères et peu nombreuses en dehors des grands axes, après il faut faire du taxi partagé et là encore ça coûte un bras et sur de longues distances c’est difficile à organiser.

  • Direction Siem Reap

40 $ pour nous 4 dans un bus local à la local, plein à ras bord avec des gens assis sur des minis tabourets dans le couloir et qui s’arrête tout le temps, donc 7h de bus pour 318 km.

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La campagne est plate, à peine quelques collines et marais et leurs fleurs de lotus.

En s’éloignant de la ville les maisons sur pilotis en ciment laissent place aux maisons traditionnelles sur pilotis mais en bois.

Comme ses voisins le Cambodge ne déroge pas à la règle et les bords de route sont jonchés de plastiques et de détritus en tous genres, qu’ils font brûler par endroits et qui dégagent une odeur âcre de plastique brûlé.

Les grandes villes n’étant pas notre tasse de thé, nous avons trouvé refuge à une quinzaine de km de Siem Reap dans un homestay nommé « school of hope », non loin des temples.

Des cours d’anglais y sont dispensés tous les soirs de la semaine aux enfants du village et alentours de 5 à 19 ans gratuitement grâce aux personnes qui comme nous viennent dormir ici et qui parfois participent bénévolement aux cours et/ou à la réfections des locaux. Nous trouvons l’accueil de Chheak plutôt léger ainsi que le repas servit le premier soir.

Est-ce que c’est par ce que nous ne réservons pas de tuk-tuk ou de visite directement par lui ? Mais les prix qu’il propose, même si une partie est reversé à son association sont beaucoup trop chers pour nous.

Même s’il nous faut marchander à chaque fois pour aller en ville et sur plusieurs jours….

Bref, SR est une ville sans charme comme beaucoup en Asie, une rue appelée « pub street » est très touristique surtout le soir dans le centre, mais c’est le tourisme de masse, sans aucun intérêt à nos yeux et avec les travers qui vont avec.

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Pub Street

Nous visiterons un des ateliers des « artisans d’Angkor » http://www.artisansdangkor.com

Ils fournissent des compétences professionnelles aux communautés rurales défavorisées et en leur garantissant une formations, des salaires équitables et de nombreux avantages sociaux et un suivi médical.

C’est une entreprise sociale spécialisée dans les beaux-arts cambodgiens (sculpture, tissages de la soie…), qui s’efforce de préserver le savoir-faire traditionnel de l’artisanat et participent d’ailleurs à la rénovation des temples Angkoriens.

  • Les temples d’Angkor

Nous allons quand même faire une visite incontournable au Cambodge.

Pour notre visite des temples , enfin, 6 temples sur la bonne cinquantaine de temples plus où moins en ruine, réveil à 6h, il est très couru d’être dès 6h au levé du soleil à l’entrée, mais les trucs très à la mode c’est rarement du goût d’Olivier.

De plus il nous faut acheter nos billets d’entrée 37$ la journée (62$ les 3 jours ou 72 $ la semaine) tout de même, coup de chance Eliot a 11 ans et c’est gratuit pour lui.

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Nous avons négocié avec Mister Na notre tuk-tuk habituel pour qu’il nous emmène d’un temple à l’autre 15$ pour 6h et pas mal de km alors qu’il prend souvent 5/6$ pour un trajet de quelques km…

Bref la logique du tarif tuk-tuk nous dépasse.

Je vous laisse découvrir l’histoire sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Angkor

 

1-Angkor Wat

2-Ta Promh

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3-Chao Say

4-Preah kan

5-Ta keo

A partir de 11h la chaleur se fait accablante. Nous pique niquerons au pied de Ta keo avec une salade que nous nous sommes préparés.

6-Bayon

Olivier vous dira que c’était des vieilles pierres, moi j’ai beaucoup aimé et s’il y avait moins de monde, j’aurais bien passé plusieurs jours.

Nous sommes de retour à 14h30 à noter GH et après une petite sieste nous enchaînons le soir par une soirée cirque.

  • Le cirque Phare Ponleu Selpak

Ce n’est pas seulement un cirque, le Département social du cirque Phare  a pour mission d’améliorer les conditions de vie des enfants et familles de la communauté cambodgienne.

Aujourd’hui, Phare Ponleu Selpak, ce n’est pas seulement un cirque, c’est aussi le soutient à plus de 200 familles de manière directe et 800 à travers ses différents programmes notamment de protection de l’enfance, un programme éducatif (http://www.ppsfrance.org ).

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Nous avons adoré ce spectacle dont la bonne humeur était inégalable.

A Siem Reap nous savons qu’il y a une École d’Hôtellerie et de Tourisme Paul Dubrule et son restaurant « Le jardin des délices »,cela tombe bien une autre famille autour du monde depuis 2 ans arrive à SR les « Voyage en théorie » : Sylvain, Viviane et leurs 3 enfants. Ils nous rejoignent avec leur camping car au bord d’un lac où nous sommes allés à vélo.

Après la baignade , Eliot teste déjà le camping car de nos nouveaux amis, son vélo est à plat et on les charge tout les deux dans leur camion.

Nous arriverons à la nuit à notre homestay, nos vélos loués là-bas se retrouvant à plat chacun leur tour.

Le lendemain nous allons donc tous au restaurant de l’école hôtelière en tuk-tuk pour un bon moment de convivialité.

Après deux jours passés ensemble nous nous séparons et nous montons à 120km au nord ouest, non sans avoir profité cette fois avant de partir du café-pâtisserie Bayon et de ses délicieux pains au chocolat, une école de pâtisserie dans le cœur de Siem Reap : cette école forme des jeunes filles au métier de la pâtisserie. 

Ces jeunes filles issues de familles pauvres sont sélectionnées après un processus rigoureux s’assurant à la fois de leur motivation mais aussi de l’incapacité de leur famille à financer ces études. Grâce à l’installation d’un café au sein de l’école, les gâteaux produits sont vendus afin de contribuer au financement de la formation.

Nous partons donc à Svay Chek en taxi partagé dans une ferme organique : Organikh Farm, qui reçoit des volontaires, mais qui malheureusement est sur la fin de son activité pour diverses raisons.

Nous allons donc passer 3 jours là-bas à aider Olivier et Darin dans leur ferme où 3 volontaires sont là ; une espagnole, une vietnamienne et un français,et aussi pour profiter de la sérénité ambiante des éco-constructions.

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Notre idée était de monter plus au nord pour rejoindre le Laos et les 4000 îles, mais aucun bus n’existe et on nous explique que ça va être compliqué à organiser et très cher. Impossible de louer un véhicule à Siem Reap non plus. Nous sommes donc obligés après un passage au marché des expats « canopy village » de SR où Olivier vent les produits de « Organikh Farm » de prendre un bus pour Don Det.

On nous a vendu 4 billets pour 72$pour un trajet direct de 6h en minibus VIP….

Ayant lu quelques articles sur le passage de frontière j’aurais du m’en douter, il y avait un loup.

  • Départ pour le Laos

En ce 3 février, on se lève tôt après une nuit franchement pas terrible à Ivy guesthouse pourtant recommandée par Olivier et Darin.

A 7h30 une voiture vient nous chercher pour un départ à 8h00 pétante dans le fameux minibus VIP…on déchante un peu, pas de coffre et nous devons tous enfiler nos gros sacs à dos sous les sièges et au milieu du couloir. C’est un bus 12 places et nous sommes au complet. Après des détours incompréhensibles dans la ville nous voilà en direction du Laos.

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Mais peu de temps après notre chauffeur qui est toujours au téléphone s’arrête et nous voilà 18 dans le bus avec 6 locaux supplémentaires leurs sacs de riz, casseroles etc. Jeu des chaises musicales, on change de place, on empile et les 6 nouveaux se retrouvent entassés au fond.Avec Eliot on s’en sort bien sommes devant avec le chauffeur qui ne lâche pas pour autant son téléphone et conduit vraiment mal, je le surveille donc du coin de l’œil.

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Mais nos déboires ne s’arrêtent pas là.

A 14h30 nous arrivons à Stoeng treng non loin de la frontière et déjà 6h de bus, nous devons descendre et on nous annonce un changement de bus, il ne reste plus que 9 touristes pour le Laos, on demande quand on repart personne ne veut s’asseoir dans ce qui est un restaurant et qui fait aussi comme partout transport de personnes. On nous dit dans 40 min, puis le temps écoulé on redemande et là c’est dans une heure !

On se met en colère, demande où est le véhicule et le chauffeur, ils sont là depuis le début, le véhicule est même démarré sans personne dedans, et le chauffeur mange tranquillement.

Les esprits s’échauffent Olivier s’explique avec le premier chauffeur, et nous décidons tous de mettre nos bagages dans le véhicule pour leur mettre la pression…

Le chauffeur, fini par nous faire monter dans le bus ferme les portes et……repart boire un café et causer pendant que l’on cuit au soleil sans climatisation.

Aillen l’Argentine prend un gros coup de sang et klaxonne comme une dingue pendant 5 min…ni chaud ni froid tout le monde s’en fou et personne ne se retourne, Olivier fini par descendre, face au refus du chauffeur de bouger le choppe par le bras, ça va mal finir me dis-je. Le chauffeur fini par monter.

Nous arrivons à la douane cambodgienne à 16h30, notre chauffeur nous largue, on suppose, on espère qu’il est bien prévu qu’un autre nous récupère côté Lao.

Ça commence le douanier réclame 2$ de plus par personne pour sa caisse perso. Aillen repique un coup de sang, il l’a fait poireauter puis l’appelle c’est ok, elle ne paye pas.

Il tente la même avec tout le monde, personne ne paye.

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Nous voici à la douane Lao, cette fois en plus des 30$ de visa on nous annonce qu’il faut 1$ de plus avant 16h et 2$ après 16h. On nous montre un pseudo texte officiel sans tampon que se sont des frais pour valider le tampon. Refus catégorique de 8 sur 9, Sangsu le japonais a déjà payé.

Nous attendons ils gardent nos passeport et ne veulent rien savoir.

A 18h notre chauffeur de bus est arrivé, mais rien n’a bougé pour nous, un accord est trouvé avec Olivier on ne paye que 1$ au lieu de 2$, nous risquons de louper le bateau.

18h40 nous voilà à l’embarcadère, ouf ? Hourra, enfin ?

Et Bien non, sur no billets il est un indiqué que la traversée en bateau est incluse, mais le responsable nous dit qu’il n’en est rien, qu’il nous faut un billet supplémentaire et seul Sangsu en a un, on apprend qu’au changement de bus cette après-midi il est le seul à avoir été s’asseoir dans le local du transporteur et qu’on lui a donné le dit ticket.

Aillen est à bout, se met à pleurer, il faut dire qu’elle a mis de l’argent de côté pendant un moment pour se payer ces 3 mois de voyage et que ses finances sont serrées.

Une heure plus tard, le type parti se renseigner accepte de nous faire traverser sur l’île de Don Det.

20h, Nous voilà tous arrivés à bon port 12h après notre départ, nous faisons un repas tous ensemble (Sangsu, Salomée, Charlie, Aillen et son chéri, nous 4) et partons à la recherche d’une guesthouse.

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41- Sud Vietnam

Après avoir fuit l’Inde, nous voilà à Ho Chi Minh Ville, anciennement Saïgon. Dans ce sens, nous avons la douce sensation d’arriver au Paradis… les gens sont souriants, aimables, la circulation ne se fait pas au klaxon, la ville est propre… nous retrouvons avec délice la bouffe de rue avec de délicieuses soupes épicées juste comme il faut,

 

L’incontournable de la ville est le musée de la guerre, une très belle visite mais franchement hard, rien n’est « édulcoré », tout est livré à l’état brute : les cages pour les prisonniers, la torture, les exécutions, l’agent orange et ses atroces conséquences (fœtus mal formé dans le formol )… Certains passages sont difficilement soutenables, encore moins pour les enfants… L’ignominie dont est capable l’humain fait franchement peur…

Après visite obligée d’une boulangerie Française, rituel de chaque passage dans une grande ville ! direction Vung Tau, plein sud, sur le littoral en speed boat. Nous pensions pouvoir faire un peu de surf, histoire de se détendre après ce passage en Inde « éreintant », mais pas grand chose sur place, jusque quelques hôtels plus ou moins luxueux pour le tourisme local (lieu de villégiature le week-end pour les gens de Saïgon). Du coup, nous ne traînons pas et filons un peu plus à l’est, à Ho Tram espérant trouver à minima quelques planches de surf à louer. Chou blanc, encore plus désertique, mis à part quelques Resorts « Grand luxe » pour les plus aisés. Les plages seraient magnifiques ; seraient, car elles sont littéralement envahies par la pollution plastique 😦 Même en se baignant dans les vagues, on est obligé de se débarrasser régulièrement de plastique qui nous assaillent… Le plus triste étant que cela ne choque en rien les locaux, à qui les termes pollution marine, changement climatique, chute de la biodiversité, gaz à effet de serre… ne parlent pas le moins du monde !!!

Nous avons la chance malgré tout de trouver un hôtel avec une gérante fort sympathique, curieuse et très encline à dialoguer, ce qui nous permet de découvrir un peu cette nouvelle population.

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L’idée des quelques jours de surf ne nous ayant pas quittée, nous voilà partis pour Muiné, plus au nord est. Gros changement de décor ce coup-ci : on se croirait arrivé sur la côte d’azur, version Russe. Russe ? et oui, aussi surprenant que cela puisse paraître, c’est une destination phare pour les Russes, tout est traduit en Russe, les commerçant parlent russes, on trouve de la restauration Russe, fruits de mer à gogo, ambiance vacances ! franchement étonnant…

Belles plages, beaucoup de kitesurf et un spot idéal pour surfeurs débutant : il ne nous en faut pas plus, nous voilà installés pour quelques jours. Du coup, ayant bien envie depuis pas mal de temps de m’essayer au kite, je décide Lily à m’accompagner dans une première rapide initiation, Eliot étant un peu jeune / trop léger pour s’y coller aussi, ce sera donc surf pour lui.

 

Vu le montant de la douloureuse en fin de chaque journée, nous nous limiterons à 3h par jour sur 3 jours. Nous tombons sur une bonne école à priori, mais le site est assez exigeant, avec des vagues assez serrées et du fond rapide, ce qui n’est pas idéal pour débuter. Lily n’aura malheureusement pas le temps de réussir à tirer ses premiers bords (mais ce n’est que partie remise), alors que de mon coté j’arrive le dernier jour à kiffer ces premières sensations de nouvelle glisse pour moi ! Promis, nous terminerons notre formation dès que possible ! Eliot de son coté se débrouille comme un chef, d’autant que le spot de surf est franchement super pour débuter. Sonia se tenant à son poste de photographe en chef pour ménager son épaule calcifiée 🙂

Quelques jours bien agréables, incluant 2 visites à « Touriste », le Canyon Fairy et les White Sand dunes, agréable si l’on fait fi des fils d’allumage arrachées sur un des scooters que l’on a loué, par un « sale » flic à qui on a refusé un bakchich pour soit disant surveillance de scooter et la belle gamelle de Sonia toujours en scooter qui lui vaut quelques belles dermabrasions lui interdisant la baignade pour quelques semaines et qui m’a valu un arrêt cardiaque temporaire !

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Pas grand-chose de très remarquable au sud du Vietnam, du coup nous décidons de remonter plus au Nord en passant par le Cambodge, puis la Laos pour éventuellement ré-entrer au nord du Pays.

 

Réflexion du jour : Le voyage : Espèce en danger critique d’extinction…

S’il est relativement admis aujourd’hui que le tourisme de masse est une gangrène qu’il faut impérativement combattre, le tourisme tout court à bien meilleur presse.
Quid du voyage ? Pour bon nombre, pas de différence… J’imagine que chaque baroudeur à sa propre définition et que chacun le voit différemment. Je vais donc tacher de vous expliciter ma vision, puis d’expliquer pourquoi le tourisme a tué mon voyage…

nota bene : la description que je fais du Touriste va pour sûr en choquer certains… je parle bien entendu de la tendance générale et comme dans tous domaines, il y a nombre de cas qui sortent plus ou moins de ce cliché, représentant somme toute une infime minorité.

Afin de planter un premier « arrière plan », pour moi, tourisme = vacances, ce qui n’est pas le cas du voyage. Qui dit vacance, dit globalement :

  • durée plutôt courte (une à quelques semaines) d’où un impératif d’efficience,
  • impératif de repos et de détente (ce qui implique généralement une organisation préalable et un besoin d’infrastructures adaptées)
  • activités « prêtes » à consommer et un minimum sécurisées , pour les plus actifs

Le voyage est plus multi-formes, c’est avant tout un état d’esprit, celui d’avoir envie de comprendre, d’échanger avec les locaux, de toucher du doigt la réalité de leur quotidien, leur mode de vie, leur savoir faire… Le Graal étant de parvenir à un réel échange, à un enrichissement mutuel, de pouvoir donner un coup de main, transmettre un savoir ou savoir-faire…. Ça peut aussi tendre plus vers l’expédition dans certain cas.

Pour moi le voyage va de pair avec une exaltation « dynamique », liée à la découverte d’activités inhabituelles, de belles choses, des bons mets, des beaux paysages aussi, bref à minima être de temps à autre surpris, interpellé.

Pour parvenir à cette alchimie complexe, 2 paramètres me semblent critiques :

  • la dimension temporelle à une grande importance dans cette histoire.
  • et un minimum d’envie et de curiosité des locaux que l’on visite.

Le temps, c’est ce qui manque généralement aux touristes ; bien entendu, ce n’est pas en passant 2 ou 3 jours au même endroit que l’on arrive à établir un contact suffisamment sincères et profond pour commencer à comprendre le quotidien de nos égaux,

 

Le voyageur a lui suffisamment de temps ; pour notre part, cela est d’autant plus vrai que nous n’avons pas de programme et que nous pouvons donc rester plusieurs jours voir semaines si une belles occasion se présente. Le problème se pose donc sur le deuxième paramètre, engendré justement par le tourisme. Je m’explique.

Premièrement, les endroits »sympathiques » (pour l’exaltation global comme exprimé ci-avant) qui ne sont pas quotidiennement visités par des touristes se font vraiment très très rares…
Le touriste qui est en vacances aspire donc à un minimum de confort, d’efficacité, d’infrastructure, de sécurité… Nos amis, même quand peu instruits et avec une culture bien différente le comprennent vite, très vite, trop vite!
Les GuestHouses fleurissent en un clin d’œil, tout ce qui est à voir (cascades, grottes, sommets, animaux…) et de suite « monétisé », les « Travel Agency », les loueurs de scooteurs, les restaurants… suivent sans délais.

Le touriste n’ayant que peu de temps aspire à un travail prémâché et saute sans hésiter sur ces circuits prêt à consommer, décrits dans les guides et que tout le monde fait à la « queue leuleu », en prenant les mêmes photos, en dormant dans les mêmes lieux, buvant la même bière et mangeant les mêmes burgers qui côtoient quelques plats locaux conservés sur les cartes pour les plus aventureux…

Vous comprendrez facilement que dans un tel environnement, voyager n’est pas vraiment possible… L’idée n’étant pas de découvrir comment les locaux gèrent & accueillent les touristes après avoir abandonné leur activité ancestrale…

Cela sans considérer les nombreux touristes qui considèrent avoir tous les droits du simple fait qu’ils payent (dont celui de polluer, de l’exploitation humaine ou animale, d’être hautin et méprisant…),
Sans considérer non plus les jeunes qui ne viennent en certains endroits que pour la fiesta et les « Full Moon Party », bien loin du niveau de conscience des jeunes exemplaires engagés pour changer le système (eXtinction Rebellion ou autre).
Sans considérer enfin les plus aisés, dont l’argent ne profite qu’aux grands Resorts, appartenant comme vous vous en doutez à des Philanthropes notoires !

Heureusement, je pensais qu’il restait une dernière piste, celle des projets communautaires, expérimentant les solutions de demain, l’éco-construction, la permaculture, le partage, le zéro-déchets, la mutualisation, le respect et la connaissance de soi, méditation…
Nous avions bien commencé, en passant une super semaine chez Gaia Ashram en Thaïlande et pensions donc pouvoir voyager sainement d’un projet alternatif à un autre, insufflant de belles solutions d’avenir à nos enfants. L’espoir fût malheureusement fugace… la majorité des projets de ce type nous demandant des participations astronomiques sans aucune réel transparence budgétaire… Le volontariat, le « social project »… semblent être devenu un business, encore plus méprisant pour moi que ceux assumant leur objectif lucratif… J’ai peut être contacté une vingtaine de projets sans avoir la chance de trouver un deuxième lieu « respectable »…

Pour terminer, cette douce réflexion, les maux qui rongent nos sociétés développées néo-libérales envahissent tout ces pays en fort développement à grande vitesse…
Les habitats traditionnels sont remplacés de partout et de façon massive par de la construction béton / parpaing de base, bien que forcément moins adapté à ces climats chaux ; avec bien entendu le mur d’enceinte indispensable,

Ceux qui arrivent le mieux à exploiter leurs prochains s’achètent dès que possible un beau 4×4 à garer devant leur « beau blockaus »,

La pollution est omniprésente, plus d’eau potable à boire (tous doivent maintenant payer pour s’hydrater…), quasi plus de vie dans les grands fleuves, déforestation massive de partout, tout brule, l’air est pollué de façon insoutenable sans que cela ne choque personne…
La loi de l’argent et de l’individualisme gagne tous les esprits, ce qui vous le comprendrez aisément, ne va pas dans le sens de mon histoire…

39- Inde

                                                                         « Rédigé par Sonia« 

 

Namaskar,

L’inde, un « gros morceau » sur cette planète avec 1 296 000 habitants, la monnaie : la roupie indienne, un euro = 80RpI

Un pays à part dans son fonctionnement qu’il faut appréhender.

Et bien cela ne nous était pas encore arrivé, mais il n’y a pas eu de coup de cœur. Pourtant je me voyais déjà traverser le pays dans de multiples trains aux côtés d’indiens avec qui je discuterais, j’idéalisais, les temples, les saris….Hors j’ai eu l’impression que l’Inde ne voulais pas nous ouvrir ses portes. Ok, rien n’est vraiment rationnel en Inde, pas de logique comme nous l’entendons.

Les rabatteurs nous en avions déjà pris l’habitude après la Thaïlande, le Népal….Mais là, c’est un niveau 5 étoiles, la grande classe du harcèlement, juste avant de t’arnaquer sur le tarif et sur la taille du véhicule qui doit te transporter, où même pas un sac à dos ne rentre dans le coffre (cf Suzuki Maruti).

L’Inde est un défi

  •  Un défi pour circuler et acheter son billet de bus ou de train sans passer par une agence qui va se sucrer sur ton dos au passage. Le train par exemple, on nous avait prévenu, il faut réserver une semaine au moins à l’avance pour un train de nuit, après avoir trouvé soi-même le numéro du train, son heure de départ et avoir compris à quoi correspondait les différentes catégories

Trains de jour (merci wiki)

Il existe trois classes différentes de confort dans les trains assis avec réservation :

AC Executive Chair Car (EC)  – c’est la classe la plus confortable, avec air conditionné et quatre fauteuils dans la largeur du wagon. Elle n’est disponible que sur certaines grandes liaisons Superfast.)

AC Chair Car (CC)  – cette classe à air conditionné comporte cinq sièges dans la largeur du wagon, avec une place confortable. Elle est présente sur la plupart des trains Superfast et Express de jour.)

Second Class (2C)  – ces wagons n’ont pas l’air conditionné et disposent de banquettes. Bien qu’ils soient censés être accessibles sur réservation, ces wagons au confort spartiate sont souvent squattés par des passagers de classe générale et il peut être difficile d’y trouver de la place.

Classe inconnue – celle que nous avons eu pour faire Mysore-Bengalore, des ventilos partout au plafond, des grilles aux fenêtres et des banquettes de 3 personnes, où l’on te pousse pour être 4.

Trains de nuit (merci wiki)

La majeure partie des trains indiens réalisent au moins une partie de leur trajet de nuit, et ces trains comprennent alors quasi-systématiquement des wagons-couchettes :

AC First Tier (1A)  – il s’agit de la classe la plus chère et la plus luxueuse des chemins de fer IR (hors trains privés). Comme toutes les classes AC, ces wagons sont climatisés. Les couchettes sont organisées en compartiments de deux ou quatre lits, qui peuvent se fermer et se verrouiller. Les draps sont fournis et un steward vient faire les lits. Cette classe n’est pas présente sur tous les trains de nuit mais seulement pour les liaisons importantes.)

First Class (FC)  – équivalent en termes de confort de la classe 1A, mais sans l’air conditionné, cette classe se fait rare et ne se rencontre que sur quelques vieux trains. Les draps sont en supplément.)AC Tier 2 (2A)  – la deuxième classe à air conditionné, chaque wagon se compose de zones traversée par une alléeet comprenant d’un côté quatre couchettes dans le sens transversal et de l’autre côté deux couchettes supplémentaires dans le sens longitudinal. Les couchettes des deux côtés sont isolées du couloir par des rideaux. Les draps sont fournis. Classe présente dans la plupart des express.

AC Tier 3 (3A)  – Avec ai conditionné, même principe que pour 2A mais avec six couchettes au lieu de quatre dans le sens transversal, et aucune séparation des lits avec le couloir. Les draps sont fournis. Classe présente dans la quasi totalité des Express et des Mails.)

AC Tier 3 Economy (3E)  – Avec air conditionné, organisation similaire à celle de 3A avec un lit en plus dans le sens longitudinal, soit 9 lits en tout par zone. Cette classe est uniquement présente sur les Garib Rath.)

Sleeper Class (SL)  – il s’agit de la classe la plus basse pour les trains-couchette, traverser le pays de part en part en SL coûtera moins de 10 . Elle est organisée de la même manière que la classe 3A (six lits transversaux et deux lits longitudinaux par zone, sans séparation avec le couloir ; quelques wagons SL récents ont en outre un troisième lit longitudinal comme en 3E), les principales différences étant les suivantes : absence d’air conditionné, rembourrage des banquettes très fins, pas de draps fournis.

Les trains ne vont pas plus vite que les bus, à titre d’exemple nous avons mis 3h en train pour faire Mysore-Bengalore pour 144km dans une sorte de wagon à bestiaux avec barreaux aux fenêtres ou 7h30 en bus de nuit pour faire Bengalore-Pondichery sans drap ni oreiller, omnibus tout le long pour recharger les places vidées, klaxons non stop pour avertir de tout de rien. La joie de faire des bonds de 20 cm dans ta couchette à chaque trou ou bosse et ils sont nombreux.

 

  • Un défi pour le bruit, jour nuit, ça circule ça klaxonne, les chiens des rues aboient, les vaches, les chèvres….Aucun repos jamais pour les oreilles, et même en pleine campagne, les chiens sont toujours là.

 

 

  • Un défi pour l’hygiène face à nos critères européens. Là ça pique grave. Les rues des villes sont dégueulasses, malgré le ramassage partiel dans les grandes villes des ordures et le « tri » opéré par les pauvres gens qui récupèrent cannettes et autres pour les revendre. Les vaches  sont vénérées mais sont laissées à airer dans les rues quand elles ne sont pas attachées à un poteau sur le trottoir, sans rien à manger ni à boire, sont maigres et font les poubelles elles aussi comme les chiens pour trouver un peu de verdure. Et lorsque l’une d’elles pose sa bouse sur un pas de porte, une simple feuille de journal sera posée dessus sans nettoyer pour passer, sachant qu’une grande partie des indiens sont pieds nus.

  • Un défi pour tes narines. Chez nous les égouts sont enterrés et les odeurs avec, en indes les canaux sont souvent couverts de plaques qui servent de trottoirs quand elles ne sont pas cassées et ne sont bien sûr pas jointives. Avec la chaleur et le manque d’eau en saison sèche, les odeurs sont décuplées et te décapent les sinus.

  • Un défi pour la compréhension : le fameux hochement de tête indien, qui est un mélange de oui et non. Ainsi que le non que l’indien ne dira pas, et quelque soit la question posée, la réponse sera oui, mais s’il n’en sait rien (comme en Thaïlande et au Népal).

 

  • Un défi pour Eliot le blond de faire respecter son intimité sans se faire tripoter les cheveux et les joues parce qu’il est « awesome » et que le respect de l’intimité n’existe pas et que les indiens ne se posent pas la question d’espace privatif par exemple. Comme dans un train bondé  comme dans un RER parisien à 8H, où un monsieur a décidé qu’Eliot était compressible et qu’il pouvait lui céder les 2/3 de sa place et est venu se coller à lui. Olivier s’est alors levé d’un bond et à changé sa place avec celle d’Eliot, qu’à cela ne tienne, c’est lui qui s’est retrouvé collé à un type qui écartement allègrement les jambes pour se faire de la place.

 

  • Un défi pour nos papilles de manger « chili », c’est à dire très piquant du petit déjeuner au diner, même les pop-corn arrachaient grave.

 

  • Un défi pour nos vieilles colonnes de cinquantenaires de dormir sur des paillasses dures comme du bois de l’hôtel à la simple guesthouse. Heureusement nous avons nos auto-gonflants thermarest.

 

Mais l’Inde c’est aussi des couleurs , celles des saris, des fruits et  légumes sur les marchés, des points et barres qui ornent les fronts hindouistes et des pétales oranges des œillets dans leurs cheveux. Le goût des Thalis, du curry, des nans et chapatis dans les petits restaurants du rue..

 

En ce qui concerne Auroville, Olivier ayant déjà dit ce qu’il pensait dans le précédent article, mon avis est quand même que si l’idée de départ était bonne, c’est à dire « un lieu où titres et situations seraient remplacés par l’occasion de servir et n’obéir qu’à  une seule vérité; la vérité suprême. Et malgré les recherches internes sur le développement culturel et spirituel, c’est devenu une vaste supercherie, le rêve de mère n’est plus.

Des « non aurovilliens » corvéables à merci qui sont au service des gérants de guesthouse et payé au lance pierre, où des tailleurs de pierre, qui travaillent toute la semaine sans abri ni toilettes.

Personne n’est sensé posséder un bien à Auroville, mais des bâtisses assez imposantes en périphéries et bien cachées par la végétation, avec gardes semblent dire autre chose.

Nous n’avons donc pas relevé le défi, nous avons passé seulement 3 semaines sur place, nous avons traversé le Tamil Nadu, le Kerala et le Karnataka, mais les paysages ne nous ont pas rendu fous, la route déroulant sur des centaines de kilomètres ses déchets dans les fossés . Nous avons pourtant essayé de nous perdre chez les locaux, nous avons pris un bus dont le terminus arrivait au bord d’une rivière dans un micro village, avons été hébergés par des locaux (moyennant finance quand même) des gens charmants, mais le lien avec l’Inde ne s’est pas fait et de rajouter que l’otite d’Eliot entre Noël et le jour de l’an plus mon angine avec 40°C en début d’année ne nous ont pas aidé non plus à faire cette connexion.

L’Inde ne nous a pas ouvert les bras.

 

L’Inde de Lily

L’Inde ? Tellement entendu parler de ce pays unique ! Mais bon, pour comprendre ce qu’il est, il faut le voir de ses propres yeux..

Les principaux sujets ret

enus ? La pollution constante ; un continent de déchets dans lequel vivent et se nourrissent humains, animaux et végétaux ; l’irrespect d’autrui ; le harcèlement ; l’escroquerie et la curiosité des gens pour les personnes blondes !

Au milieu de ce bordel constant, se trouve la soit disant ville  » utopique » d’Auroville ; spirituelle, écologique ou règne la paix l’entraide et le bonheur … Bien sur que les habitants y sont heureux, ouverts et généreux entre eux, mais égocentrique par rapport à Auroville.

Ils n’essaient pas de diffuser leurs façons de voir, de leurs montrer et de leurs expliquer pourquoi il faut arrêter de polluer et de moins manger de viande…Ils sont focalisés sur leur communauté et persuadés que Auroville est la ville du futur.

38- Inde- Auroville

Auroville

Un projet de cette ampleur, qui vient de fêter ses 50 ans, affichant une telle ambition et si « sexy » sur le papier, mérite bien un post dédié !

Pour ceux qui ne connaissent pas, je les invite à jeter un œil sur Wikipedia ou autre, mais en 1 phrase, sa créatrice l’a défini comme suit : « Le lieu d’une vie communautaire universelle, où hommes et femmes apprendraient à vivre en paix, dans une parfaite harmonie, au-delà de toutes croyances, opinions politiques et nationalités ».

Quand je vous disais « sexy » 🙂

Voulant passer une fin d’année dans un environnement sympathique, nous avons booké 13 nuits, du 19 décembre au 02 Janvier 2020.

Ce qui m’a semblé plutôt positif

Le mix de cultures, de nationalités, de couleurs, de religions sans doute, le tout dans une atmosphère détendue & respectueuse.

L’environnement, ou plus de 2 millions d’arbres ont été planté depuis la création, transformant une zone aride complètement déforestée en une forêt riche et variée, avec des prairies, de la culture, des animaux, des oiseaux…

La propreté de l’hyper-centre et la gestion des déchets, la possibilité de circuler facilement en vélo sans trop de circulation,

Le système éducatif en place, qui même si nous ne l’avons pas vraiment vu, vacances oblige, semble bien plus pertinent que l’aberration imposé par notre ministère.

Tout ce qui est proposé autour du développement personnel, méditation, yoga…

Les animations culturelles variées et souvent gratuites,

La distribution gratuite d’eau potable un peu de partout et vraiment accessible à tous.

Ce qui m’a semblé plutôt négatif

La charte, vielle de 50 ans, n’évoque pas vraiment les problèmes urgents auxquels nous devons aujourd’hui faire face, tel que la préservation de la biodiversité et la limitation de nos émissions de gaz à effet de serre, normal il y a 50 ans. Sauf que cela n’est visiblement toujours pas vraiment pris en compte à ce jour… très décevant… A titre d’exemple, l’économie d’Auroville tient à une taxe de 33 % sur les bénéfices des entreprises qui y sont installées (ce n’est pas le tourisme qui fait tourner la machine, bien qu’y participant sans doute un peu). Malheureusement, la grande majorité des entreprises travaillent principalement à l’export et aucune comptabilité de l’emprunte carbone global du projet n’est tenue, pas plus qu’une réflexion soutenu sur la résilience de ce projet face à un effondrement à venir… et force est de constater, qu’en cas d’effondrement, Auroville ne sera quasi pas mieux loti qu’une autre ville lambda… surprenant et très décevant…

En lien avec cela, je n’ai vu aucune toilette sèche (ils ont pourtant à priori des problèmes d’eau), aucun système individuel de cuisson solaire (sachant qu’il y a la Solar Kitchen, cuisine centrale qui fournie entre autres toutes les écoles avec plus de 1000 repas entièrement cuisiné au solaire), peu de phyto-épuration. Coté éco-construction, ils n’ont semble-t-il rien à apprendre mais en sont pourtant à l’âge de pierre… même si sur certains sujets (comme la terre) de réelles compétences semblent exister. A noter que de nombreuses constructions tout béton et climatisées sortent de terre depuis quelques années… no comment…

Encore plus décevant, d’autant que pour le coût, ce point va pour moi clairement à l’encontre du souhait initial, l’absence totale de règle sociale digne concernant les travailleurs. Le plus simple est de donner un exemple pour imager cela. La majorité des Guesthouses appartient à des « blancs », ceux qui y travaillent sont presque tous des locaux non Aurovilien, payés au tarif de base local (~80€/mois) ou à peine plus (soit juste de quoi survivre et non pas vivre, sans espoir de pouvoir s’élever socialement ou de financer de réelles études à leur enfants) pour travailler 6 voir 7j/7, sans aucun congés… Alors que vous l’aurez compris, les propriétaires vivent sans doute avec un budget au moins 15 à 20 fois supérieur, voir beaucoup plus, pour un travail consistant souvent à juste superviser leurs « esclaves » … Cela est bien entendu vrai également pour les autres sociétés Auroviliennes. S’il est vrai que donner plus d’argent à une population peu éduquée n’est pas forcément une bonne idée, il me semble que la scolarité de leur enfants (qui est payante en Inde) pourrait au moins être prise en charge avec un suivi pour leur donner une vrai chance.

La double peine fut pour moi la non réaction des autres touristes (énormément de Français à Auroville, surtout dans notre Guesthouse où le patron est Français), aucun ne s’est offusqué de cet état de fait, dans le meilleur des cas, quand je leur faisais part de ma déception, ils s’interrogeaient poliment, mais dans la majeur partie des cas, ils trouvaient cela tout à fait normal…

Il est beaucoup question ici de méditation, d’élever les consciences… condition préalable nécessaire parait-il à tout changement… face à ces discours je me sens souvent bien peu sage, mon chemin est encore très long… mais ne comprend pas comment tous ces « sages » peuvent trouver un tel état de fait normal, acceptable… Sans doute ai-je encore beaucoup à apprendre…

Pour la petite parenthèse et pour ce qui concerne le gîte où non avons séjourné (Rêve Guest house… no comment…), le taulier ne se contente pas d’exploiter les locaux, mais se moque également de ses clients : aucun service, des matelas sales et d’un autre âge (nous avons du virer celui des enfants sans doute infesté par des habitants qui leurs ont dévoré les jambes les premiers jours…), une cuisine sale et très mal équipée, …

Le point négatif suivant découle il me semble de ce que je viens de décrire, beaucoup trop de belles maisons privatives, entourées pour certaines de murs d’enceinte maçonnés, parfois avec gardien et beau 4×4 devant… voir de barbelés…

A l’opposé, sur le territoire d’Auroville, des cases au milieux des ordures, de la crasse, de la boue, avec des bambins qui n’ont rien…

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S’il existe pas mal de chose coté Spiritualité, quasi rien de proposé pour se former ou sensibiliser coté permaculture, éco-construction, autonomie, limiter son emprunte, changer de modèle de société…

Enfin, très difficile d’échanger en profondeur avec les Auroviliens impliqués dans le fonctionnement, peu accessibles, peu enclin à communiquer dans le détail, surtout sur les sujets qui fâchent, ils deviennent vite hautin…

Enfin, si le Matrimandir (voir ci-après) est une belle réussite d’un point de vue architecturale, l’urbanisme global d’Auroville est pour moi bien mal pensé… aucun centre à proprement parler, pourtant, une grande place au niveau de la Solar Kitchen, sans scooter, pour se retrouver me semble juste une évidence, avec autour de quoi se rafraîchir, se divertir, une superette accessible au Guests (pourquoi celle du centre est-elle réservée aux Aurovilliens ?…), quelques jeux pour les petits et les grands, un centre d’information digne de ce nom…

La liste pourrait être encore bien longue, malheureusement…

  • Comme ces entreprises qui ne jouent pas le jeu et ne reversent pas leur 33 % sans que rien ne soit fait pour remédier à cela à priori
  • ou cette personne qui vient d’être exclue car bien décidée à mettre au grand jour tous ces dysfonctionnements
  • les supérettes d’Auroville qui revendent les « indispensables » Kellogg’s, Nutella et autres cochonneries shampoing/gel douche des grosses multinationales… On croit cauchemarder !

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Le Matrimandir

Une fois n’est pas coutume, je vais dire du bien d’un architecte ! voila une construction bien pensée, belle, originale, bien gérée… Même si je ne suis qu’un néophyte de la méditation, la petite 1/2h passée en son centre est une parenthèse bien bien agréable et le parc qui l’entoure est superbe.

Par contre, je ne peux pas m’empêcher de me demander si il n’aurait pas été plus pertinent de méditer sous un simple abris éco-constuit à proximité d’un beau & vieille arbre (ce qui ne me paraît pas vraiment plus déconnant que de le faire dans un « blockhaus » aussi beau soit-il…) et d’investir tout cet argent dans un programme de logement et d’éducation de la population locale… Le fonctionnement du Matrimandir nécessite sans doute plus de 20 personnes bénévoles chaque jour, si, ne serait-ce que la moitié avait sillonné les villages d’Auroville pour éduquer , sensibiliser, accompagner l’enseignement des enfants… Je crois qu’une bonne partie de mes critiques n’auraient pas lieu d’être…

=> les 3 photos qui suivent n’ont pas été prise par nos soins, mais extraites du site d’Auroville

 

 

 

Conclusion

Je n’aime pourtant pas critiquer ce genre de projet, sachant que trop bien combien il est compliqué de les initier… mais là, vous l’aurez j’espère compris, ma déception est trop grande… J’avais pourtant été prévenu, mais ai voulu venir voir quand même… Je ne saurais trop vous conseiller de passer votre chemin, il y a pour sûr plein de projets bien plus vertueux à visiter et à encourager de par le monde.

Meilleurs Vœux 2020 !

En ce début d’année, je rêve d’un déclic, d’un monde nouveau

Je vous souhaite donc une année pleine beauté et de Coquelicots,

Une année de Rébellion, sans extinction de motivation, de mobilisation,

Du succès dans vos nouvelles éco-initiatives, dans votre transition,

Pas une année d’affaires du siècle, de business as usual, d’argent et de pouvoir,

Mais celle de l’Affaire du siècle, pour normaliser le respect et l’espoir,

Une vague fraîche et réconfortante de « Mairies » en transition,

Œuvrant rapidement et concrètement pour les futures générations,

Un peu de permaculture Colibris, Collaspsologie, Poésie de nouveau récits,

Un peu de courage pour bouger du bon coté afin de respecter vos petits,

Une thérapie nationale pour soigner nos cerveaux conditionnés et apaiser nos peurs,

Un sursaut massif pour redonner un goût de nature, de simplicité et de partage au Bonheur.

Love, Peace & Light —   Les Joyeux Voyageurs 🙂

 

37- Népal

(post Rédigé par Olivier)

Coup de Cœur❤

Le sentiment de sécurité, même à Katmandou, on peut se promener de jour comme de nuit dans les quartiers les plus reculés sans la moindre crainte 🙂

Coup de Gueule😡

La liste pourrait être longue, très longue… Je me limite donc à ces 3 points.

Les prix « Touristes », facilement 4 à 6x le prix local… tout doit se discuter et même en discutant, vu que l’on culpabilise forcément un peu face à ces vendeurs qui n’ont pas grand-chose et qui sont bien souvent de très bon commerçants, on fini toujours par payer au moins 2x le prix… Cela n’est pas dans notre culture, agaçant à la longue…

La pollution et la nature complètement souillée… Quand à Katmandou, c’est juste une décharge à ciel ouvert avec les odeurs associées, de la poussière de partout, saturée de véhicules d’un autre âge, il faut donc y ajouter toutes ces fumées d’échappement, mais aussi la pollution sonore, le klaxon étant sollicité environ toutes les 3 secondes, car ces messieurs les conducteurs ne supportent pas de ralentir, encore moins de devoir marquer l’arrêt, donc ils klaxonnent à tout va et préfèrent écraser une famille complète plutôt que de marquer 5s d’arrêt !!! Autant vous dire que j’emploierais volontiers des mots bien plus crus et violent pour qualifier ces comportements d’un autre âge…

La main mise par la minorité dirigeante du pays, riche et corrompue jusqu’aux os, sur leur peuple qui survit dans des conditions que l’on ne peut vraiment imaginer sans les avoir vues… A titre d’exemple, le foncier est plus chère qu’en France, donc réservé à cette minorité sans âme qui loue à leur frère esclave pour des prix à peine soutenable…

C’est bien:mrgreen:

Nous avons globalement vraiment bien mangé, même si toujours trop épicé pour nous dans les cantines locales. Les cuisiniers préparent tout à la demande, rien n’est fait d’avance et ils sont capables de faire par exemple 1 houmous avec des chapatis, 1 veg burger (Veg pour végétarien, le plat quasi unique d’Eliot), 1 soupe de noodle et légumes, 1 Egg fried rice et quelques pancakes en ~40mn, le tout savoureux et pour 2 à 3€/pers….

 

C’est moins bien, voir c’est dur😳

Nous sommes en saison froide, la journée, la température passe souvent les 20°c, mais la nuit, suivant l’altitude, ça oscille entre 4 & 12°c. Nous avons passé 1 mois sans n’avoir jamais eu de pièce chauffée, même pas par une flambée ou un petit poêle. Ptit’Déj, dîners, veillées, douches 1 mois durant sans jamais de chaleur, fini par être vraiment difficile… Pour ma part, très frileux quand je suis inactif, ça a été franchement dur, un peu moins pour Sonia et ELiot et semble-t-il pas vraiment pour notre Lily Esquimaude pour qui la veste ouverte avec un simple tee-shirt dessous lui suffisait la plupart du temps !

Le mot des enfants 😎

(non corrigé, non soufflé, non censuré…)

Lily :
Népal ? Ça veut dire montagnes ? Nature ? Hiver ? Froid ? Trek ? Attendez-moi j’arrive !

Regarde comme c’est beau, les Annapurnas ! Le plus haut des six principaux sommets ? 8091 mètres, le dixième plus haut sommet du Monde !

C’est seulement quand on se trouve à ses pieds qu’on se rend compte à quel point on est petit et que dans tous les cas c’est Mère-Nature qui décidera de notre sort si on ose s’aventurer dans ses entrailles ! Maintenant que tu es au courant, allons-y !

Le village où on voulait aller dormir ce soir, il est de l’autre côté, on est pas descendu du bon côté de la montagne ! On a qu’à remonter la rivière, ça nous fera arriver aux sources d’eaux chaudes. Depuis Chhomrong une vue magnifique et un peu surréaliste non ?! Montés jusque ici, il va falloir descendre ces centaines de marches jusqu’à la rivière et passer sur l’autre face pour grimper à l’Annapurna Base Camp ! Ça paraît tellement loin d’ici. Après avoir faillit tomber dans le fossé poussé par un troupeau d’ânes, avoir monté et descendu des centaines de marches, avoir vu de magnifiques singes à face noire, rencontré de folles biquettes, mangé de très bon repas et après avoir pu admirer encore et encore ces magnifiques paysages et ces sommets enneigés, nous ne pouvons atteindre le Base Camp…

Mais bon, magnifiques expérience à refaire avant la fin du Monde si possible !!!

Bon allez, on se retrouve en bas ?!

 

Eliot :
Les burgers du Népal

Il y a différent burgers, Les veg-burgers, sont très bons, le steak de patates est délicieux.Et y a le steak multi-légumes, je le trouve moins bon . Mais il y a aussi des burgers faits avec des tranches de pains grillées. Presque tous les burgers sont accompagnés de frites et d’une petite salade de légumes.

J’en conclu que j’adore les burgers.

Réflexion du jour💡

Comment ça se passe avec les enfants après 2 mois de voyage ? Plutôt bien je dirais 🙂 si on fait abstraction de l’école bien entendu…

Eliot semble au final bien content de ce périple ; il est au bon âge pour comprendre ce qu’il voit et faire « l’éponge ». Il n’a pas changé, toujours aussi bouge-bouge et bavard, toujours envi de consommer, d’acheter, de dépenser… Il parle quand même du retour et les potes lui manquent, mais compense en échangeant autant que possible des messages via les réseaux.

Lily se satisfait de tout, jamais déçue, jamais froid, jamais fatiguée, la bouffe n’est jamais mauvaise, jamais malade, jamais inconfortable, jamais besoin de rien… juste un gros pincement au cœur quand elle voit cet hiver précoce et toute cette neige en France ! Elle en est à priori déjà à la ceinture noire en baroude ! Sans nul doute une future backpaker autonome, surtout à la lueur de ses yeux quand on croise des jeunes filles (un peu moins jeune qu’elle quand même) qui voyagent seules.

Coté école, on retrouve la galère connue il y a 5 ans, celle que quasi tous les parents voyageurs expérimentent… Mais nous prenons cela avec plus de recule, laissons donc plus couler, ils apprennent tellement de choses bien plus importantes que nombre de co…ries imposées par notre ministère !

Enfin, le voyage est vraiment un super « liant » familiale, nous avons de nouveau le droit à des câlins, à leur tenir la main, à discuter et débattre de ce que l’on a vu, jouer, échanger… Surtout que nous dormons presque toujours dans une chambre unique, même souvent avec qu’un grand lit, ou 3 plus petits que nous collons les uns aux autres ; sans annihiler malheureusement (ou heureusement ?…) les coups de sang hormonaux de notre ado rebelle !

Une belle thérapie à envisager pour ceux qui auraient perdu le fil du lien avec leurs bambins !

Jour après Jour

Katmandou

Arrivé à l’aéroport, nous nous soucions donc de trouver un logement ; quelques messages suffisent pour se retrouver à Spiritual Guest House tenu par Pradeep & Medha, 2 jeunes très sympa et branchés spiritualité (OSHO, le premier ayant prôné la méditation en dansant), Merci à la belle Fay rencontrée en Thailande pour le plan 🙂 Le logement est un peu loin du centre, sur les hauteurs, au calme, en bordure de forêt, préservé de la pollution.

Nous découvrons donc se capharnaüm, nous sommes entré dans une autre dimension… Seul ceux qui ont connu l’Inde, le Népal, sans doute le Bungladesh… peuvent comprendre je crois… Quelques jours pour prendre nos repères et organiser notre séjour.

Ne sachant où dîner le premier soir, Medha nous amène là ou nous ne serions jamais allé, puisque rien n’est indiqué, la cantine des Moines du coin 🙂 La dame ne parle bien entendu pas anglais et n’a sans doute jamais vu de touriste, nous mangeons donc ce qu’il y a, à savoir une bonne soupe de nouilles et des Mo-mos (un peu comme des bouchons Réunionnais) ; parfait surtout pour 450 Rp pour nous 4 (1€ ~120 Rp)

Seul le quartier touristique, Thamel, est un tout petit peu préservé de cette pollution, un nombre incroyable de petits commerces, mille belles choses à acheter, à des prix défiant toute concurrence…

Visite de Bouddha Stupa, principal lieu de culte de la capitale, visite agréable dans un lieu préservé ; attention à tourner et faire tourner les moulins à prières dans le sens des aiguilles d’une montre !

Visite également du Monkey Temple sans autre grand intérêt que tous ces singes qui font leur show ! (Pas d’accord, une belle vue sur toute la ville au-dessus de la pollution /Sonia)

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Nous décidons de passer par l’Inde par la suite et nous soucions donc de nos visas. Voulant limiter l’avion, nous envisageons donc de passer la frontière tout à l’Est du Népal pour rejoindre Darjelling puis le Sikkim, coincé entre le Népal et le Bhoutan, tout au Nord de l’Inde, seul état de l’inde 100 % bio, pesticide interdit, tout comme le plastique à usage unique… Le eVisa (40$) étant réservé à une arrivée par avion, nous devons donc prendre un visa standard, qui nous coûte du coup 104$/pers… limiter notre emprunte carbone à un prix… L’obtention du Visa nécessite 1 semaine, nous passons donc par un prestataire à qui nous abandonnons nos passeports et partons pour Pokhara.

Eliot en profite pour nous faire une première gastro (nous avons bu de l’eau dans un petit restau… faute…) ce qui nous oblige à temporiser 1 journée de plus alors qu’il nous démange de quitter cet enfer urbain…

Pokhara

Nous optons pour un bus local pour assurer cette liaison de 200km, 8h30… no comment… d’autant qu’ils sont tous complètements timbrés sur la route, je ne donnerai pas de détail au risque de perdre nos Mamans / Mamies par arrêt cardiaque massif !!!

Pokhara est une ville agréable, bien moins encombrée et polluée que Katmandou, avec un beau lac au bord duquel il fait bon flâner et dîner à la tombée du jour. De multiples activités sportives sont proposées aux touristes : canyoning, parapente, VTT, Rafting, vol découverte des Annapurnas…

Coté logement, notre choix fût moins judicieux… Bien qu’à l’écart de la ville, dans de jolies petites huttes traditionnelles en bambous, terre, feuille de palmier (raison de notre choix), tout est sale, particulièrement la cuisine dans laquelle il faut vraiment se motiver pour aller cuisiner un truc… Le patron glande toute la journée à fumer et tousser, en laissant marner un jeune garçon dont on a pas réussi à savoir si c’était son fils ou juste son esclave…

Nous voulons aller randonner dans les Annapurnas, pour cela il nous faut le permis pour entrer dans cette réserve (ACAP : Annapurnas Conservation Area Project – 3000 Rp) ainsi qu’une carte pour soit disant recenser les touristes dans la zone pour organiser les secours en cas de catastrophe naturelle (TIMS : Trekker Information Management System 2000 Rp). Ce qui pour une famille de 4 pers. fait somme toute la rondelette somme de ~170€ que nous donnons à contre cœur… Du coup, nous partirons sans porteur et sans guide.

Les Annapurnas : ressentie quelque peu différent de celui de Lily comme vous allez pouvoir le lire 🙂

Nous entrons dans le parc par Nayapul puis Birethanti. Vu le monde qui prend la direction que nous avions prévu, Ghorepani pour faire le sommet du Poon Hill (3200m) et l’envie qui me titille de monter au camp de base des Annapurnas (ABC pour les intimes, 4130m), je convaincs la famille de changer nos plans : direction ABC !

Les premiers jours de marche sont difficiles, nous n’avons que peu fait de sport ces dernier temps et sommes partis avec des sacs bien trop lourds (nous avons pourtant laissé une bonne dizaine de Kg à Pokhara). Nous abandonnons donc encore quelques kg sur la route est enchaînons inlassablement les milliers de marches à la montée comme à la descente. Cela nous rappel un peu la Réunion, Mafate, mais avec je crois encore plus de marche !

Passage de quelques beaux ponts Népalais, dont 1 franchement long et haut qui fût une réelle épreuve pour Sonia sujette au vertige ! puis par des sources d’eau chaude bienvenues pour nos muscles endoloris.

Au soir du 3ème jour, Eliot qui est le seul à avoir mangé un « Fried Rice » le midi, alterne entre vomir et diarrhée… Le lendemain il est inerte, pâle, sans aucune énergie… (nous l’apprendrons un peu tard, mais il faut éviter le Fried Rice, qui est souvent préparé avec les restes de la veille ou de l’avant veille). A 3 jours de marche de la première route, dans un confort précaire et sans pièce chauffée, nous décidons de faire demi tour, Lily et moi sommes très très déçus, même si nous n’étions pas vraiment équipés pour affronter les -10°c pour rejoindre ABC… Après 3h30 de marche, nous avons fait ce qui nous a pris à peine 1h la veille… Je rejoins la première guesthouse sur la route pour y déposer mon sac et revient sur mes pas pour porter mon Loulou déjà à bout de force… Nous avons sans doute bien fait de faire demi-tour… Eliot passera le reste de la journée à dormir et se reposer.

Ces 6 jours de Trek ne nous laisserons pas un souvenir impérissable… Tout est trop formaté pour les touristes, avec des prix fixes augmentant avec l’altitude, un service quasi inexistant, aucune propreté, aucun effort pour assurer un minimum de confort et d’accueil, les hôtes voyant les touristes simplement passer pour une nuit sans réel échange hormis les billets que nous laissons…

Coté paysage, certes, la vue sur ces sommets de 7000 / 8000m est sympa, mais on ne se rend pas vraiment compte de la hauteur, pour le reste, nous connaissons mille paradis dans nos montagnes françaises bien plus esthétiques.

Coté éthique, nous ne supportons pas ces hordes de touristes (beaucoup de Chinois), qui montent le pied léger, suivi de leurs porteurs qui portent 40kg (tarif de base) pour quelques roupies / jours… Les porteurs qui montent les ravitaillements et les matériaux pour la construction sont encore plus mal lotis, pour eux ce sera entre 50 & 70kg sur le dos… hallucinant ! no comment…

Pour info, on nous a demandé nos ACAP à 3 reprises, mais à aucun moment nos TIMS, je penses donc qu’on doit pouvoir en faire l’économie sans trop de risque…

Sauraha & le Chitwan National Park

Nous aurions préféré rejoindre XXXX pour voir le coté jungle / animaux du Népal, parc très peu couru par les touristes, lieu sans nul doute bien plus authentique ; mais devant repasser par Katmandhou pour y récupérer nos passeports, s’en éloigner de 8h supplémentaire de bus nous a découragé…

Cap donc sur le Chitwan ou l’on nous a rassuré de sa faible fréquentation en cette période.

Nous atterrissons à Ever Green Ecolodge, ouvert par un couple Franco-Népalais (Maëlle & ?…) : logements tous différents, mignons & originaux, principalement éco-conçus, toilettes sèches, nourriture végétarienne… Ambiance assez sympa et cuisine franchement très bonne.

Une fois de plus l’entrée du parc nous semble bien chère : 2000 Rp/pers., auquel il faut rajouter au moins 1500 Rp/pers. pour le guide ou la jeep. Tout cela sent un peu trop le tourisme de masse, nous hésitons…

Entre temps nous passons au Breeding Center, centre de reproduction géré par l’état, ou les femelles vont certes manger dans la forêt quelques heures par jour avec leur XXX sur le dos, mais restent attachées le reste du temps. Nous découvrons avec stupéfaction le traitement brutal qui leur est réservé et la barbarie du dressage des éléphants pour le travail (on les attaches, les affames, les bat, leur brûle la peau pour quelle résiste mieux à la lourde nacelle qui leur sera mise sur le dos…), tout cela est assez clairement exposé sur des affiches, presque une fierté affichée !!! Nous y faisons connaissance de Ronaldo, le seul mal sauvage reproducteur qui vient régulièrement visiter le centre et qui est là aujourd’hui. Il passe même de temps à autre au sein même du village. Il est très redouté puisqu’il fait de nombreux morts par an (déjà une quarantaine à son actif!), son nom venant du fait qu’il « joue au foot » avec ses victimes… Pour la petite histoire, les Rhino viennent également régulièrement dans le village, mais sont moins dangereux, nous avons eu la chance d’en voir un un soir juste devant l’entrée de notre lodge.

Nous passons par contre une belle 1/2 journée avec Eva au sein de l’ONG Belge Stand-Up 4 Elephants, qui nous éclaire sur le business peu resplendissant des Éléphants au Népal. Nous sommes surpris d’apprendre q’un pachyderme en age de travailler coûte la modique somme de ~70k$ ! une bête très mal en point, malade 30 à 40k$ et un éléphant mort 20k$ !!! (presque tout se revend à priori…). Les éléphants appartenant à des privés, pour promener les touristes ou leur faire prendre un bain sont rentabilisés en 1 an ! Business très lucratif… Ils sont généralement très mal traité, très mal nourris, travaille 7/7 10h par jour, ont souvent les pattes en très mauvais état… Heureusement, il y a maintenant que très peu de touristes Européen ou Américain qui alimentent ce business, ils ont été remplacé par les touristes Indiens & Chinois principalement qui déferlent comme de partout dans le monde…

l’ONG vient de racheter une femelle pleine d’abcès aux pattes qui ne pouvait plus travailler, pour la soigner et lui offrir une retraite un peu plus douce… L’idée étant d’essayer de sensibiliser pour améliorer la condition de ces pauvres bêtes…

Quelques jours avant notre départ, voyant que nous n’allons finalement pas payer cette entré, on nous propose d’utiliser le pass de voyageurs de la veille pour aller faire une marche à pied dans la buffer zone (le pass donne droit à 1 journée dans la réserve et 1 journée dans la zone tampon qui abrite presque autant d’animaux, sachant que bon nombre ne font que la première journée…). Le deal nous semble intéressant et nous voila donc à pied dans la forêt à la recherche du Rhinocéros ! Le mastodonte s’est fait désiré, ce qui nous a permis de voir quelques singes, de nombreux oiseaux dont pas mal de Martin Pêcheurs, des crocodiles et les biches locales. Sir Rhino est finalement apparu, dans son plus belle apparat digne d’un conte préhistorique… Vision d’un autre temps, massive et musculeuse… Nous pouvons repartir, nous sommes ravi.

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By-By Nepal,

Nous pensions initialement faire un deuxième Trek coté Everest jusqu’au premier point de vue sur ce géant, la première partie jusqu’à Lukla / Nanché Bazard (aéroport à 2800m d’altitude, point de départ des trek vers le camp de base), partie très peu fréquentée puisque la majorité prennent l’avion jusqu’à cet aéroport. Le business de trek découvert coté Annapurnas, le froid en cette période avancée de l’hiver et le prix du nouveau permis qu’il nous faut encore payer, nous pousse à abandonner ce projet.

Nous abandonnons également l’idée du Sikkim, il y fera trop froid (j’aurais pourtant beaucoup aimé voir si cette belle histoire se confirme sur le terrain…).

Cap sur l’Inde, plein sud pour retrouver du chaud et réchauffer nos os…

Au final, notre périple Népalais ne s’est pas très bien goupillé à mon goût… nous avons été timoré de ne pas plus sortir des lieux courus, sans doute apeuré par le risque hygiène / gastro / froid… Ce n’est que le début du voyage, nous essayerons de faire mieux pour la suite !